Re-confinement : et la liberté d’aimer ?

par Florence
Confinement ou pas confinement, les liaisons se poursuivent, évidemment. Les amants continuent à s’écrire, se séduire, s’exciter, se voir et s’aimer, s’aimer, s’aimer… Faire l’amour, plus que jamais… A-t-on jamais empêché deux amants de se retrouver en secret ? Allons… De fait, ce début de second confinement sera, pour moi, marqué par les débuts de ma liaison avec P. Difficile de se voir, oui. Les cafés sont fermés. Mais pas les hôtels, l’essentiel... Il me propose lundi soir, je réponds que … Non, la suite nous appartient, je ne raconte rien.
Alors que j’ai vécu cette 1e semaine de re-confinement portée par ce qui se joue avec P., ce beau et grand désir qui se déploie, tout le long de la bonne centaine de mails échangés en à peine 5 ou 6 jours confinés, j’entends en arrière-plan ces débats sur ces prétendues « privations de nos libertés »... Comme si tout avait soudain changé… Comme si nos libertés étaient passées du jour lumineux à la nuit noire… Comme si on n’avait plus le droit de s’aimer, simplement parce qu’on ne peut plus prendre de cafés…
Allons… rien n’a changé. Les libertés, on les a, ô combien… Re-confinement ou pas re-confinement, allons-y… Aimons-nous, plus que jamais… Séduisons-nous, rusons, biaisons, baisons, vivons le triomphe du désir et de l’imagination… Re-confinement ou pas re-confinement, n’a-t-on jamais été aussi libres ? Libres de s’écrire, se séduire, de jouir… Alors allons-y, jetons les dés, jouons…
Re-confinement ou pas re-confinement, ce qui n’a finalement pas changé, c’est cette seule et unique question : quel usage en fait-on, de ces inestimables libertés ? Vit-on assez vaste ? Est-on dignes de ceux qui se sont battus, bien avant nous, pour nous permettre d’accéder à la félicité charnelle ? Ces questions étaient absolument identiques, avant même qu’on sache le mot Covid…
J’appartiens à cette génération d’enfants gâtés qui n’ont pas eu à se battre, qui ont hérité de toutes les libertés sur un plateau doré. Ca nous engage, non ?
Aller, un peu d’histoire et de mémoire, quand on entend dire à présent qu’on n’aurait plus le droit de rien, au prétexte qu’il faut porter un masque dans les transports en commun : rappelons-nous que le sexe, il y a encore moins d’un siècle, c’était le péché des péchés, et puis le grand secret, avec tout ce que ça trainait : l’odieuse culpabilité, souvent le déshonneur, les remords, la repentance… Imaginons les masturbations sinistres, dans la honte et la peur, et le voyeurisme humiliant pour apercevoir trois fois rien, et les premières fois sordides au bordel, et les filles-mères traitées en paria, et pour les autres, « bonnes à marier », les examens de virginité et les draps tâchés fièrement exhibés le lendemain des noces, et puis les pédés et les lesbiennes sommés de rasés les murs et de rentrer dans le rang, de gré ou de force, et les femmes adultères traitées de sorcières, chassées des villages, et les avortements clandestins – à l’aiguille à tricoter ou au ceintre désarticulé, avec une fille sur dix qui y restait, « bien mérité » - sans parler du droit de cuissage, et des bordels de garnison pour que la lie de l’humanité vienne se soulager pour dix balles auprès de filles traitées en esclaves… Et pour tout ça, les promesses de brûler en enfer…
Tous ces siècles d’obscurantisme, et puis ce combat mené par quelques apôtres de la félicité prêts à braver la bêtise et la censure pour offrir à l’humanité le droit de jouir, le droit d’aimer, la liberté des libertés…
En mai 68 la France proclamait enfin Prenons nos désirs pour des réalités, il était temps, et rien ne serait plus jamais comme avant… Beauvoir prédisait aussi que de l’émancipation des femmes naitraient « des relations charnelles et amoureuses dont nous n’avons pas idée »…
Alors allons-y, ces relations charnelles et amoureuses n’attendent que nous… Arrêtons de parler du confinement à longueur de temps, et des masques et des attestations, on s’en fout, ça va durer un mois, quand on a la vie pour jouir de nos libertés… Des femmes qui peuvent enfin être libre, joueuses, jouisseuses, amantes, libres, sans être des salopes… Des hommes qui peuvent séduire des femmes et les faire jouir, pour de vrai…
Alors allons-y, vite, jouissons… Profitons du péché de chair, notre plus immense délice sur terre… Les seules questions à se poser : sommes-nous assez vivants pour la vie ? Assez libres pour la liberté ? Assez fous – au sens surréaliste de l’adjectif - pour le désir ? Ose-t-on le don, le désir sans condition ? Est-on prêts à s’abandonner ? A remettre à l’autre son plaisir ? A se mettre à nu, corps et âme ?
Vive les tourments du sexe !... Magnifique la luxure…
Tout ça pour parler de ma putain d’envie de P. ...

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6 messages

waid 18 novembre 2020 - 22 h 46 min

bonjour, je découvre votre blog qui est absolument magnifique, j’avais un peu arrêté la lecture des blogs pensant que ceux ci avaient été un peu tué par les reseaux sociaux, l’originalité du votre et sa forme me démontre que j’étais dans l’erreur, je note de demander à mon libraire le livre de philippe ADAM

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Pierre 20 novembre 2020 - 11 h 49 min

Bonjour Waid,
Je vois qu’on est deux à avoir (re-)découvert au même moment le nouveau blog de Camille/Florence Beaufils (anciennement libertinage-paris.blogspot.com).
J’avoue qu’en son absence, votre blog était encore un des rares à sortir du lot et que j’avais plaisir à lire.
Ravi de voir le qualitatif reprendre le dessus. C’est très inspirant.
Pierre

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porno 14 novembre 2020 - 7 h 17 min

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sikis izle 13 novembre 2020 - 21 h 03 min

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Anonyme 10 novembre 2020 - 8 h 10 min

Ça fait longtemps que vous n’aviez rien écrit et c’est bon de vous lire à nouveau, continuez !

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