Chère Florence,

par Florence

« Chère Florence,

Je vous ai appelée en vain, où êtes-vous donc ? Je vous cherche des yeux, des oreilles, des narines jusque dans les anfractuosités du sous-sol tellurique, jusque dans les entrailles des hauts de Hurlevent…

Je voulais seulement vous inviter à partager avec moi, en mes pénates, un moment de notre langue commune, toutes respirations jointes, ou en voie de jonction…

J’espère que rien de fâcheux ne vous est arrivé, et que votre silence n’est qu’une voix s’interrompant d’émettre le temps de faire provision de désir. Ces désirs dont vous me parlez si bien, dans votre dernière lettre, et qui – dois-je le préciser ? – sont de la même famille que les miens. J’entends par là qu’ils se ressemblent tant par la densité de leur concupiscence, que par leur recherche d’un après-assouvissement qui se place au commencement d’une insatiété à perdre haleine, de telle sorte que vous et moi n’en finissons jamais d’aspirer à mettre nos pas dans ceux d’une surabondance promise et itinérante plutôt que de se satisfaire des aumônes de jouissances fugaces que pourraient nous valoir l’illusion d’avoir atteint à l’absolu au moyen d’un orgasme, alors qu’en fait nous n’aurions réussi, une fraction de seconde, qu’à en baver de ses simulacres de plénitude…

Je vous étreins,

Je vous embrasse,

Et quoi d’autre qui soit plus vertigineux encore, 

*** « 

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